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samedi 22 mars 2014

Vendanges à Orange

Débarqués de Tasmanie le 23 février, nous nous sommes mis à la recherche d’un nouveau boulot dès le lendemain. 

Notre cible, cette fois-ci : les vendanges. Celles-ci commençaient un peu partout dans le Victoria et le New South Wales, nous avions l’embarras du choix dans la région à cibler.

Premier essai : la région de Séville, à une heure de Melbourne,  où nous avions ramassé nos chères cerises quelques temps plus tôt.

Nous avons sillonné la région pendant 2 jours, mais rien d’intéressant ne semblait se présenter. Dans certaines fermes, nous arrivions trop tôt, dans d’autres, trop tard… Dans le coin, la plupart des fermiers passaient par l’intermédiaire d’un contracteur : Ben
Selon eux, impossible d’obtenir un job dans le coin sans passer par ce fameux Ben. 
Ben semblait régner en maître absolu sur tous les vignobles du coin, pouvant disposer à son gré du plein pouvoir qui lui était conféré : décider quels rares backpackers seraient les heureux élus pour aller jouer du sécateur dans les rangées de Sauvignon, Merlot et autres Chardonnay. 
Un homme tout à fait charmant, ce Ben.  Après 3 ou 4 appels sur son portable sans réponse de sa part, nous avons enfin réussi à le joindre. Nous n’avons malheureusement pas pu profiter du plaisir d’entendre sa voix très longtemps. Dans un souci que je qualifierais de pragmatique, il a pertinemment résumé la réponse à notre question en deux petits mots « no job», prononcés de façon très affirmée, juste avant de nous donner le plaisir d’entendre le bip de la sonnerie, signe qu’il avait raccroché. Nous ne pouvons que louer la concision dont il a fait preuve à notre égard, nous évitant de perdre notre temps.

Il nous paraissait donc assez inutile de nous attarder plus de temps dans ce coin-là, nous avons décidé de migrer « un peu plus loin ».

C’est comme ça que nous avons débarqué à Orange, à 800 km de là.

Orange est une ville de 40 000 habitants, située à 200 km de Sydney. Elle est connue pour être une région de culture de tout un tas de fruits : cerises, pommes, poires et raisins en tête. Pas la moindre orange à ramasser ici par contre. Le nom de la ville est une référence à Guillaume d’Orange. Orange est aussi l’une des rares villes d’Australie à être régulièrement enneigée l’hiver.

En arrivant à Orange, je dois dire que nous avons eu beaucoup de chances. Nous avons trouvé un travail le premier jour de notre installation ici, après seulement 200 appels. M., viticulteur, nous proposait de commencer dès le lendemain matin pour 4 jours de boulot. On s’est dit que ça serait toujours ça de pris.

Malheureusement, le temps avait décidé de s’immiscer un peu dans cette histoire.

Un beau soleil  nous accompagnait pourtant depuis notre retour de Tasmanie, et laissait entrevoir des journées radieuses passées à entasser gaiement des grappes de raisins dans des seaux tout en peaufinant notre bronzage.

Quelques heures après l’appel de M., pluies et orages sont venus jouer les trouble-fêtes. Résultat : re-rappel de M. pour nous dire qu’on ne pouvait plus travailler dans l’immédiat et qu’il faudrait attendre que le mauvais temps passe.

Nous avons donc attendu, puisqu’on ne pouvait strictement rien faire d’autre. Pour tout dire, la pluie quand tu vis en van, c’est franchement déprimant. Tu as l’impression d’être projeté dans une faille spatio-temporelle : le temps continue à se dérouler de façon tout à fait normale, sauf que toutes tes activités se trouvent mises en suspens pour un temps indéfini.

Heureusement, la pluie a fini par capituler au bout de 3 jours d’assauts constants. 

Le lundi, nous avons donc pu rejoindre le vignoble de M., qui gère la ferme avec son père, pour débuter dans nos nouvelles attributions.

Le cadre nous a d’emblée plu, on s’y sentait bien, et le boulot avait l’air tout à fait correct.


 


Chapeau rouge K-Mart sur T-Shirt violet : la grande classe  

Mais on a tout de suite pressenti qu’un léger obstacle allait vite se dresser entre M. et nous, d’ordre communicationnel. M. nous a paru très sympa mais parfois dénué des compétences les plus basiques dans ce domaine. Par exemple, comme on a pu intelligemment le remarquer dans nos différents boulots en Australie, en général,  le boss t’indique préalablement combien tu seras payé, et sous quelle modalité (au rendement ou à l’heure, déclaré ou cash, ce genre de choses).

M. de son côté,  pensait peut-être qu’on bossait pour le fun et n’avait pas l’air de trouver utile de nous renseigner sur cet aspect.

Il n’avait tout simplement pas l’air d’avoir réfléchi à ces questions. La première fois qu’on lui a demandé « On sera payé combien ? » Il nous a répondu :  « Euh, je ne sais pas encore. D’habitude, je paie au rendement, mais là, vu que la récolte n’est pas très bonne, ce sera certainement payé à la journée ». 
On était bien avancé. 
La deuxième fois qu’on lui a demandé, il nous a confirmé que ça serait payé à la journée, mais ne nous a pas dit combien. La troisième fois, il a enfin concédé à nous dire un prix, mais du bout des lèvres, l’air hésitant. Ceci dit, la paie était tout à fait correcte. Au bout d’un long moment,  il nous a aussi dit que ça serait un travail déclaré, mais nous n’avons pas vu passé l’ombre d’un contrat. Ce qui est moyennement rassurant. En gros, tu bosses, rien ne le prouve et tu te demandes donc si tu vas réellement être payé ou non à la fin.
Enfin, en attendant, on bossait seulement tous les deux sur la ferme, et le travail se passait plutôt bien.

Le deuxième jour, le père de M nous a demandé : « Au fait, est-ce que M vous a dit que vous pouviez rester dormir ici ? » Euh, vu que M. ne nous dit strictement rien de lui-même, ça ne risquait pas d’être le cas.

Mais on était plutôt content d’apprendre qu’on pouvait rester sur la ferme. Ça nous démangeait d'ailleurs de poser la question.



L'endroit où nous avons établi notre base, et ses environs : plein d'espace et de verdure juste pour nous


Un petit cadeau maison du père de M., renouvelé plusieurs fois. 
A l'origine, un simple malentendu : il a cru qu'on ne se nourrisssait QUE de noodles, tout ça parce qu'il est passé devant nous le seul jour où on en a mangé sur la ferme. 

Le père de M. nous a aussi montré une grande salle de bain et un frigo qu’il nous mettait à disposition. Tout ceci était plutôt appréciable. 
On s’est bien entendu avec lui. Il nous a expliqué tout le processus pour faire du vin, nous montrant les différentes étapes de fabrication dans son entrepôt. Il nous a aussi montré les peintures qu’il réalisait, et… petite surprise… sur l’une d’entre elle, était représenté un petit quartier aux ruelles pavées de briques roses, et  dont les bâtiments étaient eux aussi tout roses… Bref, ça nous rappelait un peu notre ville rose. 
Confirmation du père de M. : posée là au milieu de tout un tas de tableaux représentant des choses assez disparates (paysages, animaux), il s’agissait bien d’une peinture de Toulouse. Il aura suffi d’une peinture pour éveiller une lueur de nostalgie ce soir-là…

Le père de M. nous a aussi indiqué qu’ils avaient besoin de personnes pour entretenir les vignes une fois que la récolte serait terminée, et qu’on serait peut-être pris pour ce boulot, si on le souhaitait. On n’était pas contre quelques jours de travail supplémentaires. 
Malheureusement, il a rajouté : « Enfin si M. est d’accord, vu que c’est lui qui gère ça » La mention de M. a refroidi nos ardeurs et effectivement, nous avons pu constater quelques jours après qu’il n’avait pas les mêmes plans en tête que son père.

C’est après avoir achevé 4 jours de travail que les petits problèmes de communication sont montés en grade : le soir du quatrième jour, M. nous a dit qu’on ne travaillerait pas le lendemain vu les mauvaises conditions météo. 
Le lendemain, on a donc passé une journée de repos sur la ferme, attendant de nouvelles directives pour le jour suivant. 
N’ayant aucune nouvelle de M., on lui a envoyé un texto pour savoir ce qu’il en était. La réponse nous a quelques peu surpris. "Ok, guys, il n’y a plus de boulot en ce moment. Il y en aura peut-être dans deux semaines".
En gros, on était là comme des cons à attendre de reprendre, alors que le job était déjà fini. Et il ne lui avait pas paru NORMAL de nous en informer. Je me demande encore, si on n’avait pas envoyé ce message, au bout de combien de temps il serait venu nous voir sur notre campement pour nous dire « Ah oui, j’avais oublié de vous dire, en fait, vous pouvez partir ! ».

Après tout ça, nous avons quitté la ferme et sommes retournés à nos centaines de coups de fil pour retrouver quelque chose. Le seul espoir que nous avions venait de Lee, une autre viticultrice.

Nous avions pris contact avec elle quelques temps plus tôt, et elle nous avait dit qu’elle nous rappellerait  dès qu’elle pourrait commencer la récolte, c’est-à-dire, dès que la pluie et les orages seraient passés. Mouais....

On était donc assez perdu quand un matin, quelqu’un a tapé violemment sur la porte de notre van. On a ouvert, à moitié réveillés et mal coiffés, s’attendant à voir débarquer un ranger ou un backpacker ayant besoin d’un coup de main pour je ne sais quoi.

A la place, nous avons vu le visage de Chris, la cinquantaine, nous lançant un "Good Morning" souriant. Ce sourire était plutôt inattendu, il m’a fallu un bon moment avant de comprendre que la personne en face de moi ne cherchait pas à nous mettre une amende ou nous demander de partir dans les plus brefs délais.

A la place, Chris nous a juste demandé : "Est-ce que vous cherchez un boulot" ? Cette question est un non-sens. Personne ne vient à Orange pour autre chose que du travail. Et si nous n’étions pas présentement en train de travailler, c’est donc que nous cherchions du travail. Ceci dit, nous venions de découvrir une nouvelle méthode de recherche de travail que nous n’avions jamais envisagée : ne rien faire, et attendre que quelqu’un vienne frapper au van. Je doute cependant que le plan « si tu ne trouves pas de travail, le travail viendra à toi » marche à tous les coups.

Rendez-vous était donc pris le lendemain pour aller bosser dans la ferme de Chris, pour une seule journée. 

La chance semblait avec nous puisque, le soir-même, Lee nous rappelait pour nous proposer deux jours de boulot que nous avons enchaînés par la suite. 



Bosser dans des vignobles a aussi de bons côtés. 

Notre chance s’est arrêtée là. Nous n'avons pas eu de travail la semaine suivante. Toutes les récoltes étaient à nouveau en stand by à cause du retour des intémpéries. Nous avons donc eu tout plein de temps pour nous, que nous avons mis à profit pour … attendre que ça passe.

Au terme de cette semaine, on se demandait si on n’allait pas quitter Orange, quand M. (qu’on avait un peu oublié) s’est à nouveau manifesté. Il nous proposait de revenir travailler sur la ferme pour une deuxième session.

On a pu constater avec grand plaisir que ses petites particularités en matière de communication étaient toujours d’actualité. Par exemple, le premier soir, on lui a demandé si on serait payé en forfait journée, comme la première fois, ou au rendement. Cette fois-ci, il nous a dit que ça serait au rendement. En toute honnêteté, si on l’avait su avant, on aurait peut-être travaillé légèrement plus vite la première journée. Ceci dit, on s’attendait à la suite logique, c’est-à-dire à ce qu’on nous dise combien on serait payé par seau. Évidemment, avec M., ça ne semble pas couler de source et nous n’en avons rien su. Il nous a quand même dit qu’il avait compté nos seaux, mais n’a pas poussé l’idée jusqu’à nous dire combien on en avait fait. 

Mis à part ces petits bémols, on est content d’avoir repris du service ici, on s’y plaît bien, que ce soit pour le travail ou le petit emplacement qui nous est attribué sur la ferme. Là, par exemple, je suis en train de taper cet article tout en regardant un joli coucher de soleil. 




Et, puis, surtout, on va très bientôt laisser la partie « travail » définitivement derrière nous pour profiter pleinement de la partie « vacances » de notre visa. Je pondère : on a déjà profité abondamment de cette partie vacances, et de toute façon, même quand on travaille, on se sent quand même en vacances.

Mais là,  on a à nouveau changé nos plans et on est plutôt enthousiaste : d’ici quelques jours, on devrait quitter Orange pour aller visiter Sydney et ses environs. Là-bas, on compte revendre le van, avant de sauter dans un avion pour la côte ouest. La côte ouest, partie la plus sauvage et pour beaucoup la plus belle de l’Australie, n’était pas prévue à la base de notre programme. Ou plutôt, on pensait peut être la faire plus tard, à condition de revenir ici pour une deuxième année, idée à laquelle on avait plus ou moins pensé. Après réflexion, on a décidé de ne pas revenir l’an prochain mais d'aller dans le Western Australia cette année en contre-partie, histoire de ne pas avoir de regrets. 

On a donc très hâte de ranger nos sécateurs pour aller découvrir tout ça ! 

mardi 4 février 2014

Tasmanie, première partie

On avait arrêté le dernier article, alors, que, tout fraîchement débarqués en Tasmanie, se posait une question assez récurrente pour des backpackers : allions-nous y trouver du boulot ?


       Le ferry que nous avons pris pour venir ici 

Tout le monde nous avait déconseillé de venir ici à cette période, parce que la concurrence y est trop rude pendant l’été. En même temps, il y fait un peu froid le reste du temps. Et si vous pouvez passer un an dans un pays en vous arrangeant pour avoir tout le temps du soleil, je vous garantis que vous revoyez votre itinéraire à plusieurs fois pour être à peu près sûr d’être bronzé toute l’année. Et puis, passer l’été en Tasmanie, c’est aussi éviter les grosses canicules un peu partout ailleurs.

On n’a pas étudié la question trop longtemps pour dire vrai. On s’est dit, que, si on ne trouvait pas de boulot, ce n’était pas très grave, on visiterait avant de rentrer sur le main land (enfin, le reste de l’Australie quoi).

Au final, à peine le temps de poser nos valises –c’est une image, à peine le temps de poser nos véhicules conviendrait mieux- et de passer quelques coups de fil qu’une ferme nous attendait dans le nord de la Tasmanie.

Une ferme à cerises, pour changer. On aura au moins fait durer la saison des cerises au maximum avant de se résigner à l’idée qu’il faudrait un jour passer à autre chose.

Rdv donc trois jours après notre arrivée sur l’île pour une « induction ». L’induction, c’est le terme qui en gros veut dire : on vous prend pour des cons, pas capables de penser aux trucs élémentaires tels que « quelle tenue dois-je porter pour travailler dans les champs » « faut-il mieux mettre de la crème solaire ou emporter son parapluie dans les cerisiers les jours où il fait trop chaud »… ce genre de trucs, qui, d’après les gérants de la ferme, nécessitent que tu te pointes deux jours avant que la cueillette ne commence. Tout est fait pour bien te faire comprendre que seuls les initiés passés par l’induction sont autorisés à mettre un pied dans les champs. On vous rappelle par exemple, au cas où vraiment vous soyez très très cons, qu’il est formellement interdit d’embarquer de votre propre initiative enfants, frères ou sœurs pour vous aider à remplir vos paniers. Seules les personnes ayant reçues l’induction sont autorisées à pénétrer dans le sanctuaire des cerisiers.

Je vous passerai les détails techniques sur les cerises, vous commencez à connaître.

Par contre, les pratiques des superviseurs de cette ferme restent encore pour moi très inspirantes pour ce blog… A chaque ferme ses mœurs. Après avoir bossé dans des fermes à escrocs, puis dans des fermes super cool ambiance colonie de vacances, nouveau style, on est arrivé dans la ferme-armée.

Premier jour, 5 heures 25 du matin. 100 travailleurs prêts à en découdre avec les cerises. Big boss nous rassemble tous, nous fait son petit speech de bienvenue et nous fait répartir en plusieurs groupes. Chaque groupe est géré par un superviseur. Déjà, c’était la première fois qu’on allait se retrouver en permanence avec un superviseur sur le dos. Ca risquait de nous perturber dans nos petites habitudes. On sentait bien qu’une nouvelle ère s’ouvrait. La musique à fond dans les champs, les batailles de cerises, les concours de chant, les mille et une techniques pour faire croire qu’on était parfaitement passé partout dans l’arbre et qu’on n’avait oublié aucune cerise… On sentait bien que tout ça appartenait au passé. On a tout de suite su qu’avec notre superviseur, ça n’allait pas être ambiance grosse marrade.

Premier fait d’œuvre : nous faire tous aligner pour vérifier qu’on avait bien coupé nos ongles comme demandé lors de l’induction. Ca augurait bien pour la suite…


Vu qu’on avait tout le temps quelqu’un sur le dos, plus possible de se faire des séances photos dans les arbres. Du coup, j’illustre cette partie de l’article avec la seule photo de cerises que j’ai sous la main. Il s’agit des cerises qui nous servent de désodorisant dans le van, ce qui n’a aucun rapport, j’en conviens. En plus, pour être honnête, la fragrance n’est franchement pas terrible.

Dans cette ferme, toute l’équipe d’encadrement semblait n’avoir qu’une mission : feindre d’avoir de l’autorité pour ne pas se laisser marcher dessus par les backpackers. Pour ça, les superviseurs passaient leur temps à nous menacer de nous mettre des avertissements pour tout et n’importe quoi et de nous virer au bout de trois avertissements : si on remplissait nos paniers de cerises pas assez mûres, ou alors si on avait trop de cerises abîmées sur le lot, si on oubliait de détacher deux cerises accrochées l’une à l’autre…  Je crois qu’ils nous prenaient pour des gamins à éduquer.

Tout ce qui permettait d’aller vite et donc de faire plein de paniers était strictement prohibé. Il ne fallait pas se contenter de jeter un coup d’œil rapide à la cerise qu’on venait de détacher, mais vérifier si sa couleur était conforme avant de la tourner dans tous les sens pour vérifier qu’elle n’ait aucun défaut…

Pour qu’on comprenne bien que ça rigolait pas, ils ont même affecté une personne chargée exclusivement de vérifier nos paniers devant nous, avec des tâches très précises : noter le nombre exactes de cerises abîmées / pas détachées / trop rouges … de chaque panier contrôlé et faire des stats sur ça. Honnêtement, j’étais surtout très peinée pour cette personne. Etre obligé de faire CA ?? Toute la journée !

Les journées s’écoulaient donc dans cette ambiance des plus harmonieuses. Pour en rajouter une couche, chaque jour, à 5H30, 9H15 et 12H30 précises, nous avions droit au discours du big boss, le même discours répété inlassablement trois fois par jour. Un mélange de fausses félicitations pour les tonnes que nous avions ramassées la veille et de rappel des règles, toujours les mêmes, au cas où on les aurait oubliées en route.

Pour vous montrer un peu la haute estime et la confiance qu’ils avaient en nous, petite photo d’un texte trouvé sur la ferme.


Quoiqu’il en soit, on gagnait tout de même pas mal de sous, on a réussi à aller de plus en plus vite et se rapprocher des meilleurs. Tout allait donc pour le mieux malgré les quelques légères réserves mentionnées au-dessus. On se disait que toute leur histoire d’avertissements n’était que du vent, que jamais ils ne vireraient quelqu’un pour de vrai (ah ah !!)

Et bien, avant dernier jour de travail, 7 heures du matin. Le superviseur me fixe bizarrement depuis un moment avant de s’avancer vers moi. « Dis moi, tu fais tomber tes cerises trop lourdement dans ton panier. Ca fait 3 fois que je te le dis. Tu es virée. » Là, je crois que j’étais partagée entre l’envie de rire et de pleurer. 
Je n'ai pas réussi à avoir un avis tranché sur l'attitude à adopter, mais ce n'est pas très grave, vu que  j’ai pu réaliser un énorme fantasme : prononcer en contexte la phrase « What ? Are you kidding me ? » 

Je remercierai le superviseur pour ça, jusqu’à la fin de mes jours. Des années que j’entends cette phrase dans toutes les séries en VO qui me passent sous la main, des années que je rêve de ce moment où je pourrais à mon tour la prononcer.  Un peu comme si, ce jour-là, je me sentirais presque bilingue. Et un grand merci aussi pour le privilège de repartir avec ce souvenir : s’être fait virée pour faire tomber ses cerises trop lourdement dans son panier, ce n’est pas donné à tout le monde.

Dans un élan de solidarité, Jérémie m’a suivie. Marine et Jérémie ont rejoint la rébellion en quittant le travail eux aussi, et en finissant de remplir mon panier que j’avais laissé en plan. (je leur en suis grandement reconnaissante au passage !) Nous avons donc pu quitter cette ferme en conservant quelques restes de dignité.

Du coup, on a mis le cap vers le sud de la Tasmanie, à moitié pour changer d’air, à moitié pour prendre le pouls des possibilités de boulot dans le coin.
On pourrait vous faire croire que traverser la Tasmanie du nord au sud est une expédition aventurière et périlleuse, mais celle-ci ne dure que 3 heures, et sur des routes très correctes.


Petit arrêt dans le village historique de Richmond. Ci-dessus, son pont, historique lui aussi : le plus vieux d'Australie. 

Les possibilités de boulot dans le coin n’étant pas très nombreuses, on a donc décidé de profiter enfin des paysages de la Tasmanie.

Première excursion : la Tasman Peninsula, ses falaises et ses eaux turquoise.

 



A la base, on est surtout allé sur la péninsule pour « visiter » Port-Arthur. Port-Arthur est devenu en 1830 un  centre de pénitenciers où des prisonniers récidivistes purgeaient leur peine et étaient soumis à des travaux forcés.
C’est donc une ville hantée par le passé qui attire chaque année de nombreux touristes.  Pour tout avouer, je ne suis pas extrêmement à l’aise avec cette idée d’un tourisme attiré par ce côté lugubre, même si j’en suis d’une certaine façon partie prenante.
Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir ce questionnement. Notre visite de Port-Arthur s’est arrêtée aux billetteries des portes de la ville.  L’entrée était trop chère pour nos porte-monnaie, ou alors, on préférait mettre cette somme ailleurs, à tort ou à raison.

Après ce semi-échec, nous nous sommes rendus dans un bar, plutôt fréquenté par des locaux, où l’ambiance est devenue assez surréaliste. Après nous avoir servi nos bières, la serveuse nous a fait signe de nous taire pour la minute de silence qui allait suivre, en l’honneur des vétérans de guerre, du Vietnam, de ce que j’ai compris.  Ok… juste que ça surprend un peu.

La minute de silence passée, tout le monde est retourné à ses bières et nous nous sommes installés sur la terrasse du bar, face à la mer. Un Australien un peu enivré est alors venu s’asseoir auprès de nous, nous parlant de choses et d’autres avant de nous indiquer un endroit sympa où on pourrait passer la nuit, à quelques kilomètres de là. Il nous a tracé un plan pour s’assurer qu’on avait bien compris. On était à la fois intéressé et en même temps, on doit avouer qu’une idée nous a quand même tous furtivement traversé l’esprit : « et si c’est un endroit paumé, et qu’il veut juste s’assurer qu’on y passe bien la nuit dans je ne sais quelles intentions ». 
Bon, j’ai très très honte d’avoir pensé ça. Nous avons finalement suivi les indications qu’on nous avait données, et nous sommes arrivés dans un superbe endroit : un camping au bord d’un très beau lagon.



Visiblement, l’endroit n’était pas si paumé que ça et connaissait même une certaine renommée, à voir les gens autour de nous.  A la tombée de la nuit, de nouveaux occupants ont envahi les lieux. 


Nous sommes finalement repartis de ce petit coin de tranquillité pour aller sur Hobart, la capitale de la Tasmanie, découvrir la ville et fêter l’anniversaire de Jérémie, pour ses déjà 29 ans.

Arrivés le samedi, nous avons déambulé dans la ville, avant de nous mettre à la recherche d’un resto pour le soir. On a fini dans un restaurant népalais, très bon mais très épicé, où Jérémie a eu droit à un sublime gâteau d’anniversaire, comme vous pouvez le voir. 



Pour l'occasion, on s’est mis aux horaires australiennes, ce qui veut dire qu’on est sorti du resto à l’heure où on y arriverait en France. Très bonne petite soirée en tout cas !

Le lendemain, c’était l’Australia Day, la fête nationale d’ici. L’Australia Day commémore le 26 janvier l’arrivée des européens dans la baie de Sydney en 1788.  Pour l’occasion, des manifestations sont organisées un peu partout dans le pays ce jour-là sous différentes formes : compétitions sportives, barbecues, concerts, barbecues, feux d’artifice, barbecues… en plus des cérémonies d’usage. Pour en savoir un peu plus sur les fondements de l’Australia Day, j’ai fouillé un peu partout sur des sites et j’ai trouvé ça :

La fête nationale australienne est également un jour important pour la reconnaissance du rôle des indigènes australiens dans l'histoire de notre nation, l'occasion pour nous de prôner compréhension, respect et réconciliation. 

Hum… oui, oui, peut-être, même si je doute qu’on ait demandé leurs avis aux indigènes en question. Dans tous les cas, le côté festif de cette journée est contre-balancé par le fait que l’Australia Day est aussi surnommé Invasion Day. Un Day of Mourning (jour du deuil) fut aussi organisé le jour de la célébration des 150 ans de l’arrivée des européens à Sydney.
Pour en revenir à notre histoire, nous avons quitté Hobart le lundi. On s’est mis en tête de se donner une dernière journée pour chercher un boulot.

Et bien, ça a été très très facile.

Première ferme à laquelle nous arrivons, le mec nous dit que c’est ok, et nous demande de revenir tous les 4 le lendemain, à 7 heures du matin. Il ne nous parle ni de paye ni de rien du tout, nous dit que le point de rendez-vous serait par contre ailleurs, « overthere »… On n’a pas compris où on se retrouverait exactement, on n’a pas vraiment eu le temps de lui demander plus de précisions vu qu’il a dû nous accorder une minute grand maximum. On a donc prévu de revenir en avance le lendemain. 
Et là, on a réussi un nouvel exploit : se faire virer avant même d’avoir commencé à travailler ! (le « overthere » nous aura été fatal ! )
Nous sommes partis nous remettre de tout ça en passant quelques jours sur Bruny Island, au sud de la Tasmanie. Encore une fois, des superbes plages, de l’eau azur…ça devient presque habituel !



 

                                                   Great bay 


Cette baie offre des possibilités d'activités infinies pour les Jérémie, partis à la recherche de bêbêtes...



Pokécrabe contre Pokétoiledemer (pour piquer les mots de Marine ! ) 


Point de vue sur le Neck 


Petite mousse en fin de journée 







Les plages aux alentours d'Adventure Bay 

Au final, très bons moments sur Bruny Island, mais quelques petits bémols quand même.
Comme cette rando pout atteindre le mont le plus haut de l’île, supposée nous amener à un super point de vue. Voilà le point de vue en question :


Ca aurait certainement pu être très beau, loin de nous l'idée de prôner le contraire. Il faut juste faire quelques efforts pour imaginer la vue en faisant abstraction des arbres devant qui la cachent. 


On a aussi légèrement souffert sur l'île en parcourant de nombreuses « dirt », ces routes non goudronnées, très fréquentes en Tasmanie, options bosses, trous et quelques passages méga dangereux en supplément.

Malgré ces petits bémols, on a bien profité de ces trois jours sur Bruny, sous un grand soleil… Et petit bonus avant de repartir, sur l’île, il y avait un truc de rêve pour les Français que nous sommes : une fromagerie !



Du vrai pain et du vrai fromage ! On était obligé de s’y arrêter. Depuis le temps qu’on tourne au pain de mie, et au fromage un peu aseptisé… Là, on a pu tout goûter et on a opté pour le plus fort. (moyennant quelques deniers…)
On a ensuite repris le ferry en direction du continent, enfin de la Tasmanie. Cette fois-ci, après une petite escale tous ensemble à Cockle Creek, on est repartis tous seuls de notre côté, sans Marine et Jérémie et leur petite little red wagon. Mais je suis sûre qu’on devrait se recroiser très bientôt !



Cockle Creek 

En attendant, on continue d’explorer la Tasmanie, ses plages, ses forêts et ses parcs nationaux. Compte-rendu au prochain article ! 

samedi 14 décembre 2013

Courgettes or not courgettes

Où en étais-je au dernier article ? Ah oui, la courgette. 
Ou zucchini de son nom anglais, qui, je l’imagine, doit en fait être son nom italien. Enfin, quoi qu’il en soit, on vous avait quittés juste avant de commencer notre nouveau job de ramasseurs de courgettes.  
« Great paid », disait l’annonce, enfin, dans notre cas, on se serait contenté amplement d’une « normal paid », voire même d’une « paid » tout court, à condition qu’on puisse travailler à peu près tous les jours et pas trois heures par ci par là.

Nous voilà donc arrivés dans cette magnifique ville de Cobram, à une heure au-dessus de Glenrowan, à la frontière entre le Victoria et le New South Wales, toujours accompagnés de Marine et  de Jérémie, les copains que nous avions rencontrés chez Joséphine.  
Tout comme à Glenrowan, il n y a strictement rien à faire à Cobram, à part ramasser des fruits et des légumes (en même temps, c’est un peu pour ça qu’on est là…)
On n’était pas super ravi d’aller à Cobram pour tout vous dire, on s’y était déjà égaré et enlisé une première fois quelques semaines plus tôt, à taper vainement aux portes de toutes ses fermes, avant de finalement bosser chez Joséphine.
On espérait que, cette fois-ci, la force de Cobram serait avec nous.

Arrivé là-bas, on s’est dit, que, puisqu’on avait un job d’assuré, on pourrait se permettre le luxe de dormir dans un caravan park (un vrai camping quoi) et donc d’avoir accès permanent à l’eau, l’électricité, la douche. On s’y croyait un peu trop je crois…

Une fois arrivés au premier caravan park, le mec nous ouvre en plaçant judicieusement son corps de façon à ce qu’on ne puisse pas rentrer dans son bureau, et nous lance  « Vous êtes des backpackers ? Parce qu’on ne prend pas de backpackers ». 
En fait, c’est surtout ce qu’il a dit ensuite qui était drôle : « On ne prend pas de backpackers parce qu’on n’a pas de camp kitchen -de cuisine- dans le camping ». On a beaucoup aimé son argument, qui a au moins eu le mérite de nous faire marrer. C’est vrai, quoi, comment on faisait d’habitude pour cuisiner sans camp kitchen ?? On s’interroge encore…
Je l’imagine bien se dire dans sa tête : « Tiens, j’ai une idée, et si on ne construisait pas de cuisine dans le camping, comme ça on pourra sortir ce pseudo argument à tous ces parasites de backpackers ? Ca emmerderait tous les autres campeurs, qui du coup ne pourraient pas en profiter, mais c’est pas grave, tant qu’on n’a pas de backpackers !! » 

Arrivés au deuxième caravan park, la femme nous a cette fois sorti qu’elle voulait bien nous prendre, mais que, par contre, il ne fallait pas compter sur de tarifs préférentiels si on envisageait de rester sur une longue durée, parce que c’était bientôt les vacances.

Du coup, on comprend aisément que la plupart des backpackers de Cobram s’installent au bord de la rivière, qui, dans ces circonstances, fait aussi naturellement office de douche.  Si vos pas vous mènent à Cobram un jour, arrêtez-vous au bord de sa rivière, à Thompson beach, c’est apparemment the place to be. A tout heure du jour et de la nuit, vous trouverez un backpacker absolument désespéré d’être là, mais prêt à vous offrir gentiment un verre de Gun (ce vin déguelasse, coupé aux œufs et aux poissons) et à vous refiler des supers bons plans « Ouais les gars, revenez ici ce soir, y aura grosse soirée ! » -euh… grosse soirée ? A Cobram ? Le doute m’habite !! -

Enfin, dans notre cas, on avait  décidé de prendre deux jours dans ce camping et d’aviser ensuite.

Le matin suivant, rendez-vous à la ferme de courgettes  où on a rencontré le boss qui nous a dit de revenir le lendemain pour commencer à travailler.

Entre temps, on a vu dans la ville des annonces pour un festival de rodéo qui se tiendrait pas loin le week end. On était tout content, on s’est dit que, quitte à être là, autant y aller dans le folklore australien et aller voir du cow-boy en action sur des taureaux déchaînés (vous vous dites sans doute que ça fait un peu beauf,  et vous avez raison, mais, si vous étiez là, vous feriez certainement pareil).
La femme de l’office du tourisme nous a un peu refroidis en nous annonçant le prix (clairement un prix établi dans le seul et unique but de tenir les backpackers à distance – non, non, je ne suis pas parano)
Mais je me souviens encore que l’un de nous a sortis « Enfin on verra, si on voit qu’on est bien payé pour notre premier jour de courgettes, on pourra quand même y aller » (ah ah ah !!!)

Enfin, on a eu droit à notre lot de consolation : le rodéo version low cost. 


Jérémie bravant la bête

Ca en jette moins, mais on s’est quand même bien marré.

Le lendemain, donc, premier jour de courgettes. Les courgettes, c’est pas très fun, faut se pencher pour les ramasser, ça fait vite mal au dos et c’est tout boueux. Mais, honnêtement, ce n’était pas notre principale préoccupation. On a passé une partie de la matinée à remplir les cagettes de courgettes, et au bout de trois heures et 5 cagettes remplies à 4 (20 dollars la cagettes) , on avait fini notre champ. Petit coup de fil au boss pour savoir ce qu’on devait faire après « revenez dans deux jours ». Euh, douche froide, trois heures de boulot tous les deux jours, c’est pas avec ça qu’on va se payer  le rodéo ni le caravan park ! Ni rien du tout d'autre, en fait.




Du coup, comme à notre habitude, on  a préféré partir (malgré l’enfumage habituel : mais,  à partir de Noël, il y aura pleiiiiiiiiiin de boulot ! toutes les courgettes seront prêtes ! Peut-être mais on  n’a pas trois semaines à perdre, au revoir, merci !).

L’après-midi,  on était en train de méditer sur tout ça en buvant un café, quand on est tombé sur deux français tout contents.

Intrigués, des français tout contents à Cobram, c’est quand même suspect en plus d’être franchement étonnant, on s’est demandé le pourquoi de cet épanchement d’enthousiasme. Heureusement, ils sont venus à nous et nous ont tout expliqué. Ils venaient de faire 700 bornes en bus depuis Sydney parce qu’ils étaient tombés sur une super annonce pour un boulot bien payé dans les courgettes, avec une « great paid » annoncée. Hum.. comment dire que ça nous rappelait vaguement quelque chose. Recoupement fait, c’était bien pour le même boulot qu’on venait tout juste de quitter. Je crois qu’on les a un peu refroidis….  On leur a quand même offert le café pour leur remonter le moral, et on ne sait pas trop ce qu’ils sont devenus par la suite…

Pour nous, on a encore fait un peu de porte à porte avant d’être frappé d’une évidence : cette ville n’était pas pour nous, il FALLAIT qu’on s’enfuie au plus vite….

Cap vers le sud et interdiction absolue de reprononcer le nom de Cobram !

Le lendemain, loin de là, appel à plusieurs fermes du coin jusqu’à ce que John décroche et nous propose de faire un essai le surlendemain. Notre destin nous poursuivait toujours : on allait à nouveau cueillir des cerises ! Aucun enthousiasme dans les rangs cette fois-ci, on attendait de voir…

Les cerisiers, on maîtrise maintenant, on sait que selon le type d’arbres, ça peut être le bon plan ou la misère.

Enfin, en attendant ce fameux surlendemain et histoire de se changer les idées, sur un coup de tête, on est parti à Melbourne, pour un passage aussi express que pluvieux .  (Les deux étant liés dans une certaine mesure)
En arrivant, au crépuscule, on est allé sur une petite jetée pour observer des sympathiques habitants : des petits pingouins qui remontent sur la jetée tous les soirs après leur partie de  pêche.


Ne cherchez pas de pingouins sur la photo : on en a bien vu, mais impossible d’obtenir une photo qui rende quoi que ce soit, le flash est interdit. Du coup, on a quand même pris une photo de Melbourne du bout de cette jetée, c’est sympa aussi, non ?

Le lendemain, petites déambulations dans la ville, vite arrêtées par des trombes d’eau. Du coup, tout trempés, on s’est réfugié dans le premier endroit fermé venu (O ! Un starbucks ! Mais quelle coïncidence !)
















                                                        Ned Kelly est par là aussi ....

                                  

       Le pont des arts version Melbourne, bien moins fourni que le parisien ! 


 


Rue des tags, qui évolue en permanence ! 

On aura eu tout de même un petit aperçu de Melbourne, mais on reviendra l’explorer plus en détails un jour de soleil, promis ! (Cyril, il faudra qu’on passe à ton resto d’ailleurs !)

On a donc laissé la ville dernière nous pour prendre la direction de la ferme de John à Seville, dans la Yarra Valley, à une heure de là. Oui, oui Seville, ses collines, ses vignes, ses cerises… Bon, ok, ça en jette bien moins que son illustre homonyme andalouse.  Mais pour une fois, la région est plutôt jolie, et il y a des balades sympas à faire dans le coin les jours off.






Ca fait une semaine que nous sommes ici et tout s’y passe plutôt bien. Une grande partie des cerises de John sont éclatées par la pluie, mais il a eu la judicieuse idée de prendre  ce critère en compte et de beaucoup mieux payer au panier du coup. Et comme on bosse des jours complets, on s’en sort pas trop mal.



Nouveau cadre de travail, on a connu pire...

Le ratio de backpackers français est toujours  autant désespérant  par contre : 14 français et demi sur 16 backpackers sur la ferme.
Le un et demi restant est évidemment dénué de tout anglophone, étant composé d’un espagnol  et d’une franco-espagnole.

Cette fois-ci, on ne dort pas sur la ferme par contre, même si on y a accès à une vraie douche, ce qui est fortement appréciable. On dort par ci par là sur Seville et dans ses environs, et pas de rangers en vue pour l’instant…

On devrait avoir ce boulot jusqu’à Noël à peu près, et après, on ne sait pas trop…
On parle toujours d’aller en Tasmanie, Marine et Jérémie sont très motivés eux aussi.
Mais on n’est pas du tout sûr de pouvoir trouver du boulot là-bas, apparemment, c’est déjà blindé en backpackers.  Bref, on hésite, on hésite, en attendant, les places sur le ferry sont prises d’assaut et les prix montent avec l’arrivée des grandes vacances d’été. Mais on ne désespère pas pour autant !

Suite au prochain numéro !