Affichage des articles dont le libellé est van. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est van. Afficher tous les articles

vendredi 7 mars 2014

Vivre dans un van en Australie

Pour cet article, j’ai eu envie de faire une pause dans le récit de nos tribulations, en faisant un petit hors-sujet. 

Le thème du jour : vivre dans un van, pourquoi et surtout comment ?


 

 notre maison ambulante

J’annonce tout de suite que cet article ne sera pas du tout glamour, vous êtes avertis !  


Pourquoi vivre dans un van


Pour le pourquoi de vivre dans un van, la question sera vite réglée. On pourrait se demander en  effet ce qui nous a poussés à quitter le confort d’un appartement pour se retrouver pendant un an à vivre en permanence dans 3 mètres carré. On ne vous cache pas qu’il nous arrive parfois nous-mêmes de nous poser la question,  à intervalles plus ou moins réguliers (au hasard, le pic de ce questionnement étant atteint les jours de pluie, de froid de vent ou de tout ça en même temps).

Mais si l’on voulait visiter l’Australie autrement qu’en se tenant à ses grandes villes, et si l’on voulait pouvoir se déplacer où l’on voulait quand on le voulait, il fallait se faire à cette drôle d’idée : vivre dans son véhicule.

Les avantages sont tout de même nombreux : liberté totale, pourvoir changer de plans d’itinéraire à tout moment, pas ou peu de dépenses de logement… Et un autre avantage que j’apprécie particulièrement : emporter en permanence toute sa « maison » avec soi, sans avoir  besoin de refaire ses valises tous les deux jours.


Le choix du véhicule


Ceci étant posé, il fallait choisir entre les trois types de véhicules privilégiés par les backpackers :

  • la voiture. L’option économique et plus pratique pour la conduite. Mais la moins confortable aussi (dormir dans son coffre ou dans une tente).
  • le 4X4. On a parfois regretté de ne pas en avoir. Dans le désert, beaucoup de « routes » ne sont praticables qu’en 4X4, et permettent de se rendre à des endroits inaccessibles sans cela, ou de faire des « petits » raccourcis de 400 km. Et évidemment, je ne reparlerai pas de toutes les pistes de Tasmanie soit disant praticables avec un véhicule normal, au prix de pas mal de frayeurs… Mais le 4X4 reste plus cher à l’achat et en entretien, avec une consommation élevée et un confort moindre au quotidien.
  • Restait donc le van : plus cher qu’une voiture, mais moins qu’un 4X4. Une tenue de route assez relative mais imbattable niveau confort. On aurait aimé pousser le vice jusqu’à acheter un combi coloré, pour le côté un peu « mythique », mais c’était certainement hors budget. A la place, nous avons acheté un Ford Econovan de 1996, essence, avec seulement 270 000 kms au compteur. Celui-ci nous était destiné : il ne prend que des voyageurs français et sudistes. Il s'est avéré qu'il était garé dès notre arrivée en Australie juste devant notre première auberge de jeunesse : il était pour nous. Aussitôt acheté, il fut rebaptisé Gino. Ne pas donner un nom à son véhicule est un affront, et celui-ci saura vous le rendre par des pannes diverses et inexpliquées. A savoir : ne pas avoir peur du nombre de kilomètres, ces bêtes sont résistantes, et certaines ont fêté leurs 500 000 kms.

Conseil : comment choisir son van ? Voilà le conseil de deux experts en mécanique : avoir la chance de connaître un garagiste francophone dans votre ville d'arrivée qui vous assurera, après essai gratuit du van que vous envisagez d'acheter, que vous pouvez foncer dans le désert sans risquer de voir son moteur exploser. Nos conseils s'arrêtent ici.

Le pourquoi étant posé, rentrons dans le vif du sujet :

Mais comment vit-on dans un van ? 


Evacuons tout de suite la question que tout le monde se pose, et sur laquelle je n’ai pas grandement envie de m’appesantir :


1) Les toilettes


Ici, on en trouve partout, et toujours propres. Voilà pour ce point-là ! Il arrive que, parfois, quand on se retrouve dans les parcs nationaux ou au milieu de rien, on a alors droit à des splendides toilettes sèches, (l'expression "un trou sans fond" leur est dédié) et parfois même rien. On redécouvre alors l’immense plaisir de faire pipi face à la nature - c’est vraiment moi qui ai écrit cette phrase ?

Passons maintenant à une chose un peu plus problématique à trouver (mais ça passe encore) : 


2) La douche


En tant que backpacker, on passe chacune de nos journées à l’affût de pas mal de choses (qui seront détaillées tout le long de cet article), la douche arrivant bien sûr au sommet de cette quête.

Dans les faits, on arrive à se doucher tous les jours. Enfin, presque, il y a parfois des omissions. Et dans ce cas, on a nos super alliées : les lingettes fraicheur !

Ceci dit, il y a pas mal de douches publiques en Australie, et elles sont toujours très propres. Le plus facile, c’est quand on est sur la côte et qu’il fait beau : dans ce cas-là, on utilise les douches sur les plages. Sinon, on peut trouver des douches dans pas mal d'endroits : il y en a parfois dans des stations-service, dans des offices de tourisme, dans des gares, dans des centres commerciaux (là, c’est plus rare). Pour les trouver, on fonctionne au bouche à oreille avec tous les backpackers qu’on rencontre. On a aussi téléchargé une application absolument indispensable ici (Wikicamp) qui permet de visualiser sur une carte si des douches ont été répertoriées auparavant par d’autres utilisateurs. Parfois, ces douches sont gratuites, parfois elles sont payantes, et dans d’autres cas encore, l’eau froide est gratuite, l’eau chaude payante.  La recherche de douche donne inévitablement lieu à ce genre de débats : est-ce que ça vaut le coup de faire 20 kms de détour pour aller payer 2 fois 4 dollars ? Parfois, la réponse est incontestable : oui, ça les vaut, et on se poserait même la question  pour 50 kms et 20 dollars. D’autres fois, on sait qu’il y a une douche gratuite à 5 kms et on se dit que bon, allez, ça peut attendre lendemain.

Certains jours, la recherche de douches s’annonce plus ardue que d’autres. Dans ces cas-là, on se lance parfois dans des opérations commandos : repérer un camping, s’en approcher sans éveiller le soupçon des réceptionnistes, se précipiter vers les douches, en général fermées à clé ou à code, attendre que quelqu’un en sorte et retenir la porte pour rentrer avec un air tout à fait naturel, style « oups..  j’ai encore oublié le code ! »
Quand l’option camping n’est pas non plus envisageable, alors on est obligé d’en venir à certaines extrémités. 



Le flexible de douche : un bon investissement. A raccorder partout : sortie d'eau, watertank... à condition que le lieu soit un minimum tranquille. 



La fameuse douche solaire. Un investissement qui nous a paru intelligent, mais pas si pratique à l'usage. Il faut avoir la place de la suspendre. Et je ne parle pas du débit.... 

Plus difficile que la douche, un truc auquel on n'avait absolument pas pensé avant d'arriver ici, mais certainement LE truc qui a provoqué le plus de drames et de dégoût :


3) Faire la vaisselle


ou plus exactement trouver des endroits décents pour la faire. Car nos options étaient assez limitées, et bien souvent, ça se finissait dans les lavabos installés dans les toilettes publiques pour se laver les mains. Vraiment pas ragoûtants. Ni pour nous, ni bien sûr pour les usagers qui utilisaient ces lavabos pour ce pourquoi ils étaient normalement prévus. Faire la vaisselle dans des endroits pas vraiment adaptés à cet effet, sous le regard de passants ahuris, nous a valu de nous retrouvés submergés par la honte à de nombreuses reprises. Evidemment, à part quand on était dans des vrais campings, on ne pouvait utiliser que de l'eau froide, voire gelée, idéale pour récurer des poêles salies à coup de cuisson de bacon ou de plats très diététiques qu'on se cuisinait. A ce sujet, je bénis les bacs à vaisselle de Hobart, la capitale de Tasmanie, désignée meilleur spot non officiel de backapckers en ville, (avec tables, douches chaudes gratuites...) avant qu'on se fasse dégager par des policiers au bout de quelques soirs.


4) Où est-ce qu'on dort ? 


Après ces considérations hygiéniques, le problème numéro 1 quand tu vis en van, particulièrement en road trip, c’est de trouver où dormir. Si je ne me trompe pas, en France, la loi indique, que, sauf indication contraire, il est permis de dormir n’importe où dans son véhicule. Ici, c’est le contraire : par défaut, dormir dans son véhicule est considéré comme du camping sauvage, à moins de se retrouver sur des aires de repos officielles.

Ces aires de repos sont réparties assez inégalement dans le pays, dans certains endroits il y en a partout, dans d’autres très très peu. Et bien, sûr, dans les grandes villes, il n’y en a généralement pas. 
Parfois, elles sont situées dans des endroits très sympas, un peu reculés, au bord d’un lac par exemple.
Parfois, elles sont situées en toute sortie d’autoroute, avec le bruit des camions et le goudron comme seul environnement. 
Certaines sont équipées de prises électriques, barbecues, toilettes, d’autres de rien. C’est un peu la loterie. Pour les trouver, on utilise toujours notre super appli Wikicamp, qui les répertorie toutes.

Sauf que parfois, il n’y en a pas à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il faut alors se rabattre sur des endroits non officiels, en espérant dans ce cas ne pas avoir la visite de rangers.
On a eu affaire à eux quelques fois, dont deux où ils nous ont réveillés. On a été plutôt chanceux. A chaque fois ils ont été (plus ou moins) cool. Ils sont repartis sans nous donner d’amendes mais en nous demandant d’aller nous faire voir ailleurs la nuit suivante.

En général, tu arrives sur ton aire du soir alors qu’il fait généralement nuit et que tu n’as donc pas pu prendre pleinement conscience des environs. Cela peut donner lieu à quelques contrariétés nocturnes. A tout hasard : tu n’avais pas fait attention à la ligne de chemin de fer que tu as pourtant passée quelques mètres avant de te garer pour la nuit. Bonne frayeur assurée en plein milieu de la nuit, lors du passage du-dit train : « mais qu’est-ce que… un bateau qui nous fonce dessus ?? Un camion qui a dévié de la route ?? Ah non, tout va bien, c’est juste un train. Mais heu…il a l’air d'être proche ?  on se serait pas garé sur le passage ferroviaire par hasard ? Je suis sûre qu’on est garé sur le passage ferroviaire !!»


5) L'alimentation électrique 


Dans les innombrables autres quêtes des backpackers, la recherche d’électricité vient aussi en bonne place. Je nuance : les jours où on roule beaucoup, on n’a pas vraiment ce problème.  On recharge tout sur les batteries du van. On branche en permanence les téléphones sur l’allume-cigare. On recharge le reste (l’ordi par exemple) sur une batterie secondaire à l’arrière. Evidemment, tout ceci ne marche pas quand on est implanté quelque part et qu’on ne roule pas beaucoup.

Dans ces cas, on se retrouve dans les deux place-to-be où les backpackers se ruent en masse dans chaque ville traversée :

La laverie et la biblitothèque. En plus d’assurer leurs fonctions premières, elles sont en général largement pourvues en prises. Dans ce cas, un spectacle assez sinistre se déroule. Les backpackers arrivent alors par petits groupes, déballent ordis, tablettes, téléphones, appareils photos, speakeurs, adaptateurs… et branchent tout ça sur des multi-prises elles-mêmes branchées sur d’autres-multiprises pour que tout le monde puisse tout recharger. Et ça peut donner des choses de ce genre-là :



6) La trève du backpacker


Parfois, le backpacker fait une trève : il cède au luxe d’une nuit dans un vrai camping, pour avoir accès à tout de manière légale et immédiate. Mais il n'est pas très fier de lui le lendemain, parce que payer pour dormir, ce n'est pas dans sa philosophie de vie. 

Les périodes où il bosse, il arrivera qu’il loge sur son lieu de travail et qu’il ait accès à certaines facilités : des toilettes, une arrivée d’eau pour la vaisselle… parfois même une  prise à laquelle il pourra brancher sa rallonge de 50 mètres et ainsi accéder à une source d’électricité constante ! 

Le reste du temps,  toutes ces quêtes (endroits où dormir, douches…) prennent une grande partie de la journée. Ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais en van, parce qu’il y a toujours quelque chose à faire ou à chercher. De toutes façons, tout prend dix fois plus de temps dans un van, les journées passent donc très rapidement. 


7) L'alimentation


Par exemple : se faire à manger, c’est toute une épopée.

Comme on vit en extérieur, et qu’on ne peut pas préparer de repas dans le van, il faut d’abord s’interroger sur la faisabilité de la chose. Prendre en compte les différents facteurs météorologiques : Trop de vent ? La flamme du réchaud ne tiendra pas, il faut se rabattre sur quelque chose de froid. Trop froid ? dans ce cas-là, on oublie de faire un truc compliqué, on se contente de faire des noodles (ces pâtes chinoises aux 10 000 parfums tous à peu près aussi insipides les uns que les autres, mais qui demandent très peu de temps de préparation) avant de se précipiter les manger à l’intérieur. 
Ce n'est absolument pas un cliché : même si ce n'est pas bon, tous les backpackers achètent des noodles par cargaison pour les soirs sans. 



Trop de pluie ? Impossible de préparer à manger quoique ce soit. Dans ce cas, c’est rien, tartines de nutella, ou alors fast food. 

Parfois il arrive qu’aucun de ces facteurs ne vienne jouer les trouble-fêtes : on peut donc prendre du temps dehors et préparer un truc plus élaboré. Enfin, toujours dans les limites de ce que la cuisine équipée de Gino nous permet de faire.


De gauche à droite : le frigo, le lavabo, la gazinière double-plaques. 
En fait, le frigo est plutôt utilisé comme armoire pour y caser tout le matériel de cuisine, puisque ce n'est pas super pratique de le réapprovisioner en glace tous les jours. On achète donc le frais en général au jour le jour, ou on s'en passe quand on est au milieu de rien.


Là c'était pâtes bolos sans viande, je crois 

On a même quelques petits bonus ! 



Dans les faits, ils ne sous servent pas très souvent, vu qu’il faut avoir un accès à l’électricité pour s’en servir, autre qu'une prise dans une librairie, pour des raisons que vous comprendrez (maintenant que j'y pense ...). Mais on est content de les avoir, nous sommes très jalousés auprès des autres backpackers et ce sera un indéniable plus lors de la revente. 


8) Les ennemis du backpacker


Les facteurs de type météorologiques ne sont pas les seuls à prendre en compte quand on envisage de passer une soirée tranquille à l’extérieur du van. 

D’autres redoutables ennemis savent parfaitement comment jouer les fauteurs de trouble. Des ennemis contre lesquels nous menons une guerre sans merci : les insectes.
Ils se manifestent de façon subite et ce ne sont jamais les mêmes : un coup, c’est une invasion inopinée de fourmis, une autre fois, une nuée de moustiques une autre fois encore, ce sont des milliers des moucherons qui débarquent tous en même temps. Ils viennent alors se coller sur ton visage pour se rapprocher au plus près de la seule source de lumière : la frontale. 


9) Les soirées du backpacker en van


Parlons-en de la frontale. C’est l’accessoire indispensable sans lequel tu ne peux plus rien faire dès que la nuit est tombée. Bien sûr, tout le monde se dit qu’il ne se reniera jamais jusqu’à porter cette chose immonde tous les soirs sur la tête. Avant d’en arriver à cet ultime recours, toutes les autres possibilités auront été envisagées : se trimballer une lampe de poche, se caler sous un lampadaire, s’éclairer à la flamme d’un briquet… De vaines tentatives. 
La frontale est la seule option permettant d’éclairer et d’avoir les mains libres pour continuer à s’adonner à ses activités. 
Au final, tout le monde cède très rapidement au « backpacker night style ». 



Porter la frontale sur le côté, c'est furieusement tendance. 
Observez la photo : en ce temps-là, on était innocent : on pensait qu'on pouvait laisser la lumière du van allumée tout en le laissant ouvert. Quelques invasions de moustiques plus tard, on a compris...

Le backpacker night style se complète généralement d’un vieux jogging hideux pour lutter contre la fraîcheur de certains soirs, parfois aussi de chaussettes dans les tongs pour la même raison. (le backpacker évite généralement de porter d’autres chaussures que des tongs, sauf si des circonstances extrêmes l’exigent). 

Au final, toutes ces petites contrariétés font que les soirées du backpacker s’achèvent en général honteusement tôt. Quand il ne peut pas festoyer ou faire un barbecue au milieu de nulle part,  il n’a souvent qu’une envie : se précipiter dans son van pour échapper aux piqûres d’insecte et aux affres du mauvais temps. Une fois à l’intérieur, il se jettera sur des films ou une série à regarder - les jours où il aura pu recharger sa tablette s’entend. 


10) Petit bonheurs de la vie en van


Pour autant, je ne voudrais pas dresser un portrait trop négatif : vivre en van (quand on n’est pas envahi d’insectes mutants, qu’il ne pleut pas des trombes, qu'il ne fait pas plus de 30 degrés ni moins de 15, une fois qu’on a trouvé un endroit où se doucher - et cf toutes les indications mentionnées ci-dessus) c’est plutôt chouette.

Par exemple, on dort parfois dans des endroits étonnants et on se réveille fréquemment avec des vues plutôt sympa. 


 




Petit dej ensoleillé... Au bord de la plage ou dans la pampa







On assiste à tous les couchers de soleil, puisqu'on est toujours dehors.

 






On dort entouré de créatures de toutes sortes : opposums, wallabies, dingos, crocodiles.. 



Pour ce dernier point, j’admets qu’on a jamais vu de crocodiles en liberté mais on a dormi à côté d’un panneau : "attention, présence potentielle de crocodiles", alors ça compte un peu quand même.

Je crois qu'on a fait le tour des avantages et petits inconvénients de la vie en van, en espérant que ça aura pu vous donner un petit aperçu de notre quotidien ici. Petite photo regroupant tous les indispensables de ce type de vie : 






samedi 3 août 2013

Escapade (un peu forcée) vers le Sud / Byron Bay

1) Galères dans le Sud...


On aurait pu intituler cet article : la maison des fous ou 10 bonnes raisons de ne jamais acheter un véhicule immatriculé dans le New South Wales.

Je m’explique : pour pouvoir circuler tranquillement et surtout légalement avec Gino, il a fallu que l’on fasse un changement de propriétaire et qu’on renouvelle ce qui s’appelle ici « la régo ». En gros, je dirais que c’est un mixte entre notre carte grise et la vignette qu’on collait avant sur le pare-brise. Bref, jusqu’ici, rien de très compliqué.

Sauf qu’ici, faire sa régo relève du parcours du combattant, surtout quand vous avez eu la bonne idée d’acheter un véhicule immatriculé dans l’état du New South Wales (première erreur) d’autant plus quand vous n’êtes pas dans le NSW mais dans le Queensland.  (deuxième erreur)

Je m’explique  L’Australie est constituée de 8 Etats. Chacun fait ce qu’il veut dans le domaine de la régo, et si possible pas la même chose. Les règles qui prévalent sont celles de l’Etat dans lequel le véhicule a été immatriculé, non de celui dans lequel vous l’avez acheté. Certains vous demanderont un contrôle technique, d’autres non, certains vous permettront de faire la régo directement sur internet, d’autres vous demanderont de vous rendre sur place.
Et c’est là que les ennuis commencent !
Pour être en règle, nous avons dû commencer par trouver un centre de contrôle technique agréé dans le NSW, Etat qui commence à peu près 100 km au sud de Brisbane. Nous sommes donc partis  en expédition dans le coin
Tant qu’à descendre, on s’est dit que ça serait bien de ne pas s’arrêter à la première ville limitrophe, mais d’aller jusqu’à Byron Bay, petite ville côtière réputée (on y reviendra plus tard), d’autant plus qu’il y a un centre de contrôle technique agréé.
Evidemment, on n’a pas eu la lumineuse idée d’appeler avant pour réserver un créneau : pour être honnête, on était surtout pas motivé pour parler anglais au téléphone. On s’est donc pointé comme des fleurs un jeudi pour s’entendre dire qu’il n’y avait pas de place avant le lundi. N’ayant pas envie de rester là tout le week-end, on a finalement appelé tous les centres agréés dans les environs – « les environs » étant un concept relatif en Australie. On a finalement trouvé un centre qui nous prenait Gino le lendemain matin, à « seulement » 100 km de là. Le temps de passer la journée sur Byron Bay, et nous voilà le lendemain à Maclean. Une fois le contrôle technique miraculeusement délivré, on était super heureux et surtout super naïfs, on  s’est dit qu’on avait plus qu’à filer au bureau qui délivre les régos  et que ce serait réglé en un tour de main. Quelle erreur…

Une fois arrivés au bureau, l’employé nous a regardés et demandés "Mais en fait, vous êtes des Backpackers ?" Traduisez : vous n’avez pas d’adresse fixe. "Et bien, dans ce cas, puisque vous ne pouvez pas justifier d’une adresse –quelque part sur la route n’étant pas une adresse valable apparemment- je vais vous donner un papier que vous devrez faire signer par quelqu’un qui reconnaît vous connaître et vous héberger". Hein ? WTF ? On est dans le NSW depuis 12 heures, on ne connaît personne ici et encore moins personne qui pourrait ou aurait pu nous héberger ! Pas encore tout à fait démotivés pour autant, on a demandé de l’aide dans plusieurs campings, pour voir si quelqu’un voudrait bien remplir ce F****** papier en acceptant de reconnaître nous avoir hébergés. Les personnes qu’on a implorées se sont montrées très compatissantes, mais personne n’a voulu se porter garant…

On a donc décidé de tenter notre chance dans un autre bureau, d’une autre ville, Ballina – charmante cité au passage.

Et, là, petit espoir : on ne nous a pas demandés de faire remplir de papier par une tierce personne, par contre, il fallait toujours qu’on justifie d’un hébergement dans le NSW. Un peu à bout de nerfs, on est donc allé payer une nuit dans le premier caravan park venu pour avoir un justificatif de paiement. On est retourné au bureau, tout fiers de nous avec notre super papier prouvant  que, pour une nuit, on avait vécu dans le NSW. D’ailleurs, on n’a pas trop compris l’intérêt de cette adresse – à part engraisser les caravan park du coin, étant donné qu’on est censé ne rien recevoir par courrier…
On était persuadé d’être arrivé au bout du chemin, l’employé commençait à nous sortir les papiers prouvant qu’enfin, on allait pouvoir conduire tranquillement, sauf que …

« Bien, je vous fais la régo, et je vous donne le papier, mais elle n’est pas valable. Vous devez d’abord contracter une assurance et ensuite aller sur notre site … » J’ai oublié la suite, mais en gros, ça consistait à faire pleins de manips par internet ou par téléphone pour obtenir je ne sais quel numéro et l’inscrire je ne sais où, ce qui ferait que la régo serait ENFIN en règle.

Je vous passe l’était d’énervement dans lequel on était, doublé du fait qu’on n’était pas vraiment sûr d’avoir tout compris. Le seul truc qu’on avait compris, c’était qu’on avait notre papier de régo, mais qu’il ne servait pour l’instant à rien. (un peu comme si on te donnait ton permis en te disant que tu n’avais pas le droit de t’en servir…) Heureusement, Jérémie a eu la bonne idée d’aller dans les locaux de la première compagnie d’assurance venue, où nous sommes tombés sur notre ange-gardien, qui, pour la modeste somme de 700 dollars, nous a assurés comme il fallait et a fait toutes les procédures que nous aurions dû faire nous-même pour finaliser le tout (je pense qu’il a eu pitié). Moralité : N’achetez jamais de véhicule immatriculé dans le NSW, surtout si vous n’êtes pas dans le NSW . Achetez Western Australia ou South Australia ou au moins, achetez un véhicule de l’Etat dans lequel vous êtes…

Enfin, on gardera quand même un peu de positif dans tout ça : la visite de Byron Bay le jeudi, et la découverte –quoique contrainte- de deux petites villes typiques dans lesquelles on n’aurait jamais mis les pieds : Maclean et Ballina. 


2) Byron Bay 

Byron bay est une petite ville réputée pour son atmosphère relax et hippie – de ce qu’on en a vu, plutôt hippie sur le retour que dans la fleur de l’âge – d’ailleurs on en a croisé un qui avait dû se faire une super omelette quelques minutes avant…

En plus des hippies, Byron Bay est aussi un repère de surfeurs, la rencontre entre ces deux mondes peut se révéler assez cocasse…

Byron Bay a beau être une ville réputée baba cool, vous ne serez pas encore arrivés au centre que vous aurez déjà compris que votre van ne sera pas le bienvenu passé une certaine heure – un comble ! Les panneaux « no camping » sont omniprésents, et, pas la peine de laisser votre van la nuit dans une petite rue où « c’est trop cool, je peux dormir là, les Rangers ne viendront jamais me chercher ici !! » Si si…
Le matin, nous avons pu avoir un petit aperçu de cette ambiance baba-cool en nous rendant sur le marché, très sympathique au passage. (encore plus sous ce beau ciel bleu)


Là, Célia a pu déguster un chocolat chaud au chamallow (si, si, on s’y fait, c’est même plutôt bon au passage !) et Jérémie un café juste au café, ce qui est assez rare en Australie. 

Après notre petit tour au marché, nous sommes allés sur la plage où on a pu un peu ressentir ce qui fait la réputation de Byron Bay, son atmosphère fort sympathique, et les ballades à faire autour de son phare.


Au début de notre ballade,  des panneaux -encore des panneaux, toujours des panneaux- nous prévenaient qu’on pouvait tomber sur des Wallabies, sorte de petits kangourous, ou sur des …. dindes. Des Brush Turkeys pour être précis. Je vous laisse observer par vous-mêmes, je ne ferai pas de commentaires sur les Brush Turkeys (ah si, quand même un : on sait que des touristes viennent en Australie spécialement pour voir des koalas ou des kangourous, mais combien viennent ici seulement pour voir ces… dindes ?! On ne se pose pas assez la question). 

Allez, j'ai envie de la mettre en gros...

Evidemment, il n’a pas fallu longtemps avant que l’on tombe sur cette … euh… magnifique œuvre de la nature. Nous avons très vite fait le rapprochement avec le premier barbecue venu, malheureusement la Brush Turkey est pour le moment une espèce encore protégée. Le long de notre promenade, on a vu encore des tas de dindes, on pensait pouvoir faire une croix sur les Wallabies, et, tout à coup, juste à deux mètres de nous… 



Je vous passe l’attroupement de touristes qui s’est formé à ce moment-là. (le touriste est décidément un animal aussi con que… qu’une Brush Turkey par exemple, bref).
Enfin on était content de voir des Wallabies !
Nous nous sommes ensuite dirigés vers le point le plus à l’est de l’Australie (whaouh, quelle émotion !!) où on a pu voir des dauphins et une baleine (re whaouh !)

Le reste de notre promenade en photos !